Calligrammes, gestes à la poésie

Calligrammes — sous-titré Poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916 — est un recueil de poésie de Guillaume Apollinaire publié le 15 avril 1918. Il est dédié à René Dalize, ami d’enfance d’Apollinaire, mort à la guerre, à qui il rend hommage : « À la mémoire /du plus ancien de mes camarades / René Dalize /mort au Champ d’Honneur / Le 7 mai 1917 ».

Dans sa lettre à André Billy, Apollinaire écrit :

Quant aux Calligrammes, ils sont une idéalisation de la poésie vers-libriste et une précision typographique à l’époque où la typographie termine brillamment sa carrière, à l’aurore des moyens nouveaux de reproduction que sont le cinéma et le phonographe

Qu’est-ce qu’un calligramme ?

Un calligramme est un poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin, généralement en rapport avec le sujet du texte, mais il arrive parfois que la forme apporte un sens qui s’oppose au texte. Cela permet d’allier l’imagination visuelle à celle portée par les mots. C’est le poète français Guillaume Apollinaire qui est à l’origine du mot. Cette forme particulière de poésie est parfois nommée « poésie graphique ».

Calligramme dédié à son amante, Lou

De Annie à Jacqueline

On note cinq figures féminines inoubliables traversant l’œuvre d’un homme : Apollinaire a aimé Annie, la jeune anglaise de la Chanson du mal aimé, puis Marie qui déchire le poète de Zone ou du Pont Mirabeau, et Lou, puis Madeleine, ses amours du temps de la guerre, jusqu’à Jacqueline, l’adorable rousse de Calligrammes, qu’il épousa en mai 1918.

Guillaume Apollinaire et « Lou »

>> Lire des poèmes « à Lou »

Soir de demi-lune, à Londres

Alcools recueil, Apollinaire a mit 15 ans à l’élaborer. Il annonce sa quête de modernité ; un mélange de traditions, de renouveau.

Alcools est un recueil pluriel, polyphonique. Il explore de nombreux aspects de la poésie, allant de l’élégie au vers libre ;
mélangeant le quotidien aux paysages rhénans ;
c’est une poésie qui se veut expérimentale, alliant une presque perfection formelle et une grande beauté à un hermétisme, un art du choc, de l’électrochoc.
Il valut à Apollinaire d’être qualifié de mystificateur.

Alcools montre le poète déchiré par ses ruptures amoureuses (avec Annie Playden, avec Marie Laurencin), ruptures qui résonnent au travers de poèmes tels que Mai, Les Colchiques et, surtout, La Chanson du mal-aimé.

C’est un long poème lyrique de Guillaume Apollinaire, inspiré par l’échec de sa relation amoureuse avec Annie Playden ; elle a quitté son amant alcoolique qui la battait.

Apollinaire joue avec les sons ; avec les mots il distord l’espace et le temps. Il évoque différentes figures historiques « exotiques » comme le Pharaon, la femme de Mausole, les Quarante de Sébaste, les Cosaques Zaporogues mais aussi le roi « fou », Louis II de Bavière.

C’est une complainte ; le poète vogue entre regrets, rêveries consolatrices et la dure acceptation d’un présent douloureux. Avec « Aubade chantée à Laetere un an passé », la « réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople », les « Sept Épées » : autant de poèmes dans le poème. La juxtaposition des tons, des sentiments, des points de vue rapproche ce poème de l’esthétique cubiste.